Last winter…

L’hiver, ça sent le Nord, ça sent les gauffres, ça sent l’enfance, l’air est strié d’odeurs de feu de bois. On repeint en doré les souvenirs de nos ancêtres. Mais il flotte ici. Chaussée de bottes en caoutchouc toute la journée, je renifle la boue et les feuilles mortes. Je me souviens du goût duLire la suite « Last winter… »

Le phare des chats

« et si je faisais la morte? si je décidais de partir? avoir envie de partir au bout du monde c’est comme avoir envie de mourir. tout le monde ne part pas. il faut aller au bout. il faut aller au bout pour prendre un bateau.larguer les amarres. tout quitter. tournoyer parmi les pêcheurs, ce mondeLire la suite « Le phare des chats »

Les gens de mer

Les gens de mer qui vivent de la mer, ce rêve au fond d’eux. Le bateau est le gardien, le protecteur, l’enceinte. La mer c’est l’illimité. L’illimité comme l’au delà, comme l’ailleurs, comme la mort. Le navire, artifice contre la mort. … navire, nombril du monde. Le nombril d’un monde dangereux. Le navire est l’antidoteLire la suite « Les gens de mer »

Way to Oslo.

Le bus roule, roule. Je vois passer de grandes forêts,  beaucoup de lacs, et du bois dans la gare de Guteborg où nous avons fait un stop-pipi : magasins en bois, banc en bois, portes en bois, odeur de bois. Juste derrière moi, deux hommes à la voix puissante ont une discussion intense et ininterrompueLire la suite « Way to Oslo. »

Grimper + / position nord

Latitude 66.756585, Longitude 15.445687 7 409,980935 km au nord de l’équateur. Pôle nord, distance à l’équateur: 10002 km. Vertige.

Premières images

Les premières images d’un pays dont je ne connais que le nom. Suède. Je pensais aux froides forêts de sapins géantes, ou à un mélange de rigueur et de douceur. Un langage avec des ronds sur les lettres. Est ce la sonorité du nom, où des photos aperçues ici ou la, gravées inconsciemment dans maLire la suite « Premières images »

Hello sweden

Et le bus avance vers la fin de la terre danoise et s’élance sur le pont au dessus de l’eau. Nulle part, entre les terres. Nulle part. Sur l’eau.

Nyboder (nouvelles petites maisons)

Jaune d’or. Quartier militaire Nyboder dans Copenhagg. Logements pour les matelots, les officiers, les artisans de la Marine royale danoise, ainsi que le personnel et leur famille. Construit en 1631. Rues crocodile, dauphin, lièvre, etc. École, hôpital, église dans le quartier.

Absalon

Une eglise transformée en lieu commun. Jeux de société, bar, petits déjeuners, petits salons, tables de ping pong, cartes, prises électriques. Un lieu pour toutes les classes sociales, avec un côté pratique idéal pour les baroudeurs. Demain je décampe.

L’eau, l’espace, les gens.

Copenhagen. Des sound-systems partout sur l’eau, des corps dansant dans des barques, des plateformes flottantes avec du monde, des bateaux à moteur avec deux couples souriants, des péniches, des quais. Nombreux sourires et regards prolongés avec les gens, courtoisie, responsabilité et autogestion, dans une ville ludique où on peut jouer à plein de trucs n’importeLire la suite « L’eau, l’espace, les gens. »

Pique nique

Copenhague. Jambon dégueu: 10 kd – fromage dégueu: 10kd – pain de mie douteux: 6kd – yaourt: 6kd – pommes. Remplissant mon estomac sur un banc, je me demande si j’ai changé d’horaire après ces 1222 km. Mais non, on est sur le même fuseau. Même l’Islande s’y trouve, bien que plus à l’ouest. JeLire la suite « Pique nique »

Leverkusen

Allemagne. Changement de bus. C’est moche, sale, ça caille, on a tous l’air de clodos mal réveillés avec nos sacs et nos cheveux sur le trottoir. Je me demande pourquoi je ne suis pas partie dans un pays chaud.

Autobus

Mon voisin ne parle pas. Est-il muet? mais non il tousse. Il me regarde droit dans les yeux, souvent, sans gêne et sans rigoler. Je me demande d’où il vient. Où il va. Qui il est. Je devrais lui demander. Je n’ose pas. Je me demande ce que ça peut bien faire d’oser. Si çaLire la suite « Autobus »

Paris premier point de chute.

Sensation fiévreuse d’aller je ne sais où. Le bruit aussi dense que l’air. Je marche, à côté de mes pompes. Des gens à perte de vue, contours flous d’une existence incertaine dans mes yeux encore brouillés par 800km de TGV. Je reste plantée. Une langue étrangère s’assoit à mes côtés.

Hiver ou été

  Avachie, étalée,la tête dans l’oreiller,je contempleles paysages défiler. L’oeil fatiguéentrouvert écrasé,je me demande,si c’est l’hiver,ou bien l’été. Loire Atlantique, Corrèze.Dans l’immobilité de mon corps, les tremblements de l’engin.Les yeux fixés sur des petits points qui m’emmènent loin. Des Liiiiignes…….. Monotones…………. Excitantes au départpuis lancinantesbientôt déroutantesenfin lassantes. Je ne ressens plus rien. Je me retrouveLire la suite « Hiver ou été »

Je sens

  Je sens. Les coups de marteaux, les yeux rivés su la poutre, les cris d’un chien de chasse au loin, assise sur la charpente, la vue qui s’étend devant moi, des coups de marteaux, des bruits d’éboulements, de la pierre que l’on taille, des coups sur le burin, précis ou éclatés, fins ou grossiers,Lire la suite « Je sens »

Fuck off

A peine visible dans l’épais brouillard de purée Fumée entrecoupée de paysages mouillés Je nage dans les flots de mon cœur submergé par un sentiment fraîchement constitué. Partir, sans savoir, sortir, dans le noir. Partir Sortir, sur les restes d’un cauchemar, s’y engloutir Vomir l’instant T, calmer le tendre départ Partir, sans savoir, sans promesse,Lire la suite « Fuck off »

Novembre

Novembre Les morts le cimetière Un bref souvenir Le Nord Yvonne ma grand-mère Ses bigoudis Ses anémones en terre cuite Son parfum de rose Son chapelet Les esprits qui y sont rattachés.. Suspendus. Mes prières pour eux, qui peut-être m’entourent on ne sait jamais. Je erre Repère Parmi les tombes, mes pas. vêtements coquets dansLire la suite « Novembre »

Rage

(carnet noir à spirales) C’est quoi la rage ? A quoi ça sert? On en fait quoi de ce truc là? Retourner une table pleine de bricoles ou trouer un mur? Après coup, ces trucs là, c’est relou, faut réparer. Ecrire, dessiner, parler. Ou un truc comme ça. Courrir. Non, courrir n’est pas une activitéLire la suite « Rage »

Je

(petit carnet noir) Je prends enfin une journée pour moi. Pour ne faire que des trucs dont je suis le centre d’intérêt. Une grasse mat’ dans la pinède, un radio-réveil-reportages de France Inter, une marche dans la marée montante du Cap Ferret, un stylo sur la plage ensoleillée. Je ne pense pas beaucoup, ne chercheLire la suite « Je »

Le berger

– huile – bouillons – liquide vaisselle – pâtes – PQ – cubivin – beurre salé – fromage – sucre confit Mais bien entendu, je ne l’aimerai jamais. Évidemment, vivre avec lui ne m’intéresse en aucun cas. De plus, nous ne sommes pas compatibles. Par conséquent, je n’ai jamais pensé être en couple avec lui.Lire la suite « Le berger »

Beauté de comptoir

[En construction au fil de la vie.] Ton visage est doux, tu me parles avec compassion.tes traits sont harmonieux, et jouent avec les expressions. Mais la vie t’a offert de subtiles grimacesqui ne s’effacent pas et te rendent dégueulasse. Tu n’es ni belle, ni laide, on ne te voit pas bien.tu n’as ni froid, niLire la suite « Beauté de comptoir »

Matin

J’ai fait ma nuit ! 23h /8h24. Sans interruption, sans pause pétard, sans insomnies, sans cauchemars. D’une traite. Il fait beau, les oiseaux chantent, le printemps jette un oeil timide par dessus la montagne : « sont-ils prêts ? Sont-ils réveillés ? » Je me goinfre d’une tablette de chocolat que l’on m’a offert hier : 300gLire la suite « Matin »

Retour à Pralo

Sentiment de boucler une boucle ou plutôt d’avoir fini de dérouler l’enrouleur. Revoir des gens, des paysages, des expressions, des rôles. Là-bas, petit microcosme stagnant, s’aimer ou pas n’est pas la question, la question est de vivre ensemble. Se retrouver et n’avoir pas changé. Ou si peu. Si peu à l’échelle du monde, du temps,Lire la suite « Retour à Pralo »

KaVOVIKOTnTa

Collée au siège. Apesanteur. Se sentir con là dedans. Seule. Et le hublot qui rend les choses autrement compréhensibles. Flux de transports, de routes, de gens, de migrations incessantes. Plus on avance et plus je me perds. J’ai pris une grosse cuite la veille et j’accuse mon heure de sommeil. Sur le côté droit, unLire la suite « KaVOVIKOTnTa »

Syrian

« Et si au lieu de leur apprendre à parler, nous apprenions à nous taire. »   Deligny.

Insomnie totale

Insomnie totale Laisser une réponse Je n’ai pas éprouvé le besoin de dormir – du tout – Une nuit blanche sans drogue. Peut être mon corps en fabrique t-il tout seul ? A quoi ça sert que le cerveau soit si actif la nuit, et au ralenti le jour, voir complétement anéanti par des paramètresLire la suite « Insomnie totale »

L’endroit où il va s’arrêter
Le loup y pense chaque jour
Et sur l’endroit où il s’arrête
Le loup fait toujours la fête.

Chanson kirguize