Forcer le souvenir

– NORD PAS DE CALAIS – NOVEMBRE DEUX MILLE QUATORZE

Des souvenirs, qui, tout à coup, nous sautent à la gorge :

Et l’expression va bien, car c’est réellement des images qui surgissent, des choses que l’on revoit, que l’on ressent, en plus léger que la réalité mais bel et bien véritables.

Retourner sur un lieu tant habité, tant aimé, un lieu qui a côtoyé le bonheur, une vie particulière oubliée voire enfouie, retourner sur un lieu c’est se rendre compte à quel point les souvenirs sont peu nombreux. Je dirais que l’on se rappelle d’environ une à  2 banales actions par an.

Le souvenir qui est de l’ordre de l’habitude, par exemple le chemin de l’école est gravé, mais incomplet si l’on se trouve loin de celui ci. Par contre, en le suivant 18 ans plus tard, je retrouve l’école les yeux fermés.

Un autre souvenir est celui qui marque, comme la différence, le rejet, l’injustice, se planquer dans les chiottes pour oublier la solitude de la récré. Mais c souvenir est impossible à vérifier, tant on est seul avec nos « souvenirs émotions ». Qui pourrait confirmer?

Est-il d’ailleurs malin d’aller déterrer ces sensations lointaines et maintenant inconnues ? (quoiqu’il en reste parfois des bribes, qui traîne, lorsque l’on est fatigué d’être adulte, et que l’on se laisse sombre langoureusement dans la faiblesse -d’un certain point de vue- ou dans un relâchement qui doit être pleinement conscient.

Retrouver ses lieux – racines, c’est comme se regarder dans une autre vie. Imaginer évoluer un enfant qui est soi. Rendre concret ce qui était à l’état de nuage abstrait. Donner la forme d’une maison, d’une école, d’un chemin, d’un château d’eau, à une partie de soi animée et passée.

Cette vie là n’est plus réelle, c’est ma conclusion. Elle est en moi, mais elle n’existe plus. Changer de territoire créé une rupture, une vraie. Cette enfance est au fond de moi, pas très nette, mais la plupart des fils qui m’y relient sont coupés. Je crois pas que ça se recolle avec les fils de l’autre moitié. Ou alors ca été fait à la râche, dans la précipitation, avec un vulgaire bout de scotch déjà tout défait, que je tente de rafistoler ailleurs.

Partout en fait.

.SONY DSC

Le bordel …

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