Hiver ou été

 

Avachie, étalée,
la tête dans l’oreiller,
je contemple
les paysages défiler.

L’oeil fatigué
entrouvert écrasé,
je me demande,
si c’est l’hiver,
ou bien l’été.

Loire Atlantique, Corrèze.
Dans l’immobilité de mon corps, les tremblements de l’engin.
Les yeux fixés sur des petits points qui m’emmènent loin.

Des Liiiiignes……..

Monotones………….

Excitantes au départ
puis lancinantes
bientôt déroutantes
enfin lassantes.

Je ne ressens plus rien.

Je me sens dans un état de détente totale, à l’écoute de la radio, du moteur, des gens derrière moi, de mes pensées intérieures.

Je suis lourde dans mon fauteuil. Je pourrais rouler comme ça dans l’infini, faire des 8, interminables, penchée dans le virage, je verrais le monde de travers.

Je ne cherche pas à voir, je subis la vision du coin de mon visage dans le blanc de mon œil. Soleil rougi du contour de ma peau, je suis éblouie.

Un pont. La Garonne. Immense grise et plate, elle file, elle aussi, tranquille.

Fermer les yeux. Sous les paupières c’est tout rouge, on y est bien.

Je quitte encore une fois mon foyer, mon cocon, mes espèces de repères, mon univers établi au sein d’une pièce.

Je ne ressens rien et c’est là la magie : avoir disparu. Subir ses sens. Subir sa position. Etre submergée de pensées, et être coincée là, comme si je ne l’avais pas souhaité. Laisser la fatigue m’envahir et me dominer.

Sombrer.

Ronfler peut être.

Dans ce bus à peine bondé.

En pause….

barbasque

Dans un bar Basque en pleine Corrèze. Je fais ma voyageuse débutante. Je pue la transpiration, j’ai plus de batterie ni dans le tél, ni dans l’appareil photo, ni dans l’ordi, j’ai trop de sacs, j’ai le mouron, plus de sous, pus d’eau, et une courte nuit de sommeil sur le dos.

Je suis dans un bar au hasard. Morose. Je regarde les images de foot sur des grands écrans tout autour de moi, un peu comme j’ai plongé mes yeux vides dans le paysage, tout à l’heure dans le bus.

« Salut c’est Bruce, les ligues 1 ça se passe aussi sur beIN sport. Chaque semaine venez soutenir votre équipe préférée ! »  « L’authentique raclette, la Savoyarde, tellement fondante, pensez-y … »

Une forme de magie aussi peut-être…

Devant moi une grande baie vitrée qui donne sur la place Tassigny de Brive la gaillarde, des petits bouchons de bagnoles, de la pub pour Suze, du rouge, du vert, du blanc, et d’autres couleurs, la ligue 2, les gros sacs, Des décos Domino’s pizza avec ses bouchées à partager, le coca sans sucre, un univers que je ne côtoie pas, plus, ou de loin, Des parasols Heineken au mêmes couleurs que les pays basques. Mon café est fort, bientôt froid, bientôt épuisé, comme mes mots, terminé.

 

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