Way to Oslo.

Des grandes forêts,  beaucoup de lacs, et du bois dans la gare de Guteborg. Magasins en bois, banc en bois, portes en bois, odeur de bois.

Derrière, deux hommes à la voix puissante ont une discussion intense et ininterrompue depuis deux heures. Leurs décibels sont si élevés que j’en ai mal aux oreilles. Le mot sex revient à de nombreuses reprises mais peut être ca veut dire autre chose en suédois car ma voisine suédoise au livre écrit en suédois ne semble pas choquée par leur propos.

De grandes zones en travaux.

J’observe le paysage, pensive. Il fait beau, maintenant. Ma voisine s’est endormie bouche grande ouverte et va me tomber sur l’épaule dans quelque temps. Son teint pâle et cireux lui donne l’air d’une défunte, je réfléchis au rapport entre sommeil et mort.

J’entends la respiration de l’homme derrière, j’ai envie de me retourner pour découvrir les traits de ses yeux. Je me dis qu’il doit avoir la cinquantaine, la soixantaine, en tout cas un âge trop lointain pour que je puisse être séduite par son apparence. Il a sûrement les cheveux blancs. Des lunettes. Une chemise bleu ciel. Seul un regard aussi puissant que la voix pourrait me saisir.

De la bruyère et encore des forêts de Douglas en continue.
Paisible trajet sur une route qui déchire les forêts. Des moutons avec des longues bandes de panneaux solaires dans leur pré.

« PING! Brost to nooorf de blandi koool atolaf so ta bolardélet ! »
Les passagers remuent légèrement à l’annonce du prochain arrêt. L’homme se remet à s’exprimer.

De la bruyère. Des éoliennes qui tournent lentement dans le ciel, lourdes de leurs ailes.

J’allai chercher des informations sur les tempêtes en Islande et la difficulté d’y naviguer. J’imaginais les vagues plus hautes faisant remonter le fond. Mon corps essayant de nager dans l’eau gelé.

 »

Guðlaugur Friðþórsson (né le 24 septembre 1961) est un marin islandais. Il est connu pour avoir réussi, à la suite du naufrage de son bateau de pêche le 11 mars 1984, à regagner Heimaey, le port d’attache du navire après avoir nagé sur 6 km pendant six heures dans une eau à 5 degrés[1].

Il a nagé juste vêtu d’un jean, une chemise, un pull et rien aux pieds. Il a parlé tout le temps avec les mouettes pour garder ses esprits. Un bateau est passé près de lui sans le remarquer. Arrivé sur la côte il fait face à une falaise et doit retourner à la mer en luttant pour que les vagues ne le brisent pas sur les rochers. Une fois trouvé un accès moins élevé il se retrouve sur un champ de lave, il perd beaucoup de sang en se coupant les pieds avant d’arracher sa chemise pour les protéger. Il atteint un champ où il trouve une baignoire remplie d’eau pour les moutons, il brise la glace de son poing pour boire l’eau glacée. Ensuite il doit marcher encore 2 km dans ses vêtements mouillés et à 6 heures 55 il frappe dans la première maison trouvée. Ensuite transporté à l’hôpital, sa température corporelle était inférieure à 34°C, néanmoins il a survécu et ne souffre d’aucune séquelle physique. »

Mais soudain le ciel s’assombrit. Je prends de nouveau conscience que je suis seule et loin de tout. Que la météo effectivement a l’air hostile. Oslo. Les premières maisons. En bois. Je ne vois plus de briques. J’essaie d’oublier mes peurs météorologiques. L’équipage sera bon. Le bateau en bon état.

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